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¿ Cómo Te Lama ?

Don't worry be hippie ! Un voyage émouvant

Il s'en est passé du temps depuis mon dernier article, pour être honnête j'y suis pour rien c'est la faute du bonheur.. 

 

Des émotions de voyage j'en ai eu des tas, des bonnes et des mauvaises, je n'ai pas envie de parler d'une émotion en particulier mais de ce que m'ont apporté les merveilleux mois de vie au Pérou. J'y ai vu des choses extraordinaires, rencontré des personnes fabuleuses et ici l'important c'est le résultat de tout ça.

 

Des choses difficiles se sont passées lors de mon voyage au Pérou, enchainant crises d'angoisse, quasi-anoréxie, dépression etc, en gros dans mon coeur, mon corps et ma tête c'était l'enfer.

Après que le prince charmant ai foutu le camp je me suis retrouvée avec le moral dans les chaussettes, ma vie se résumait à pleurer, boulot, pleurer, télé, pleurer, dodo...

Pas jojo !

J'avais complètement perdu la notion de ce que je vivais, l'expérience folle de vivre dans le pays de mes rêves, je voyais tout en négatifs ou pire encore j'étais tellement vide que je ne voyais plus rien.

 

J'ai toujours su que j'étais incapable de vivre seule, j'aime la solitude mais entourée!

Il faut que la maison vive alors en somme habiter toute seule pour moi c'est mourir à petit feu, alors au bout de deux semaines de dépression aiguë j'ai emménagé dans

La Casa Feliz!

Ici les résidents permanents sont Gonzalo et Peluca, deux Péruviens trentenaires qui sont restés bloqués à leurs 14 ans. C'est une maison de passage, des voyageurs de toutes nationnalités viennent y séjourner plus ou moins longtemps. Ceux qui foulent le sol du Pérou et atterrissent dans la casa feliz n'ont plus d'étiquettes, plus de nationalité, ni de passé, le temps y est arrêté. On y rencontre de tout, Allemandes, Américains, Hollandais, Français, chamans, voyageurs, ecolos, fêtards, âmes perdues etc

 

Ne cherchez plus le pays imaginaire de Peter Pan, où les personnes posent leur valise pour arrêter le temps, se trouve être une maison rouge à un angle de Barranco.

C'est là que j'ai retrouvé l'agitation dont j'avais besoin pour me maintenir en vie. Ils faisaient la fête toutes les nuits, j'étais si crevée que je ne les entendais pas, mais ressentir leur bonne humeur me faisait guérir.

J'étais débordée par le travail mais vint le jour où j'ai accepté d'aller camper sur la plage pour une fête d'anniversaire. Rien d'extraordinaire, et pourtant c'est à ce moment-là que tout à commencé.

 

 

 

Don't worry be hippie ! Un voyage émouvant

Cette nuit-là, je n'ai pas parlé à un seul invité, à ce jour je ne sais toujours pas de qui c'était l'anniversaire... je me suis allongée dans le sable tout froid, j'ai regardé le soleil se coucher, l'obscurité arriver, les heures défiler, les étoiles se pointer petit à petit, sans bouger d'un cil. C'était éblouissant, des milliards d'étoiles qui brillaient, la chaleur du feu contre ma peau, le bruit de la danse des vagues, la musique qui s'échappait dans l'air..

 

WAHOUW !

 

J'ai toujours eu la peur incontrôlable de laisser filler le temps, de le gaspiller, c'est à ce moment-là que j'ai compris mon erreur. 

 

 

"Je me suis enfin réveillé de ce cauchemar dans lequel le temps s'enfuyait comme s'il avait commis une faute. Grâce à la route, je me suis mis en marche, grâce à la marche, je me maintiens en mouvement et, paradoxalement, c'est quand j'avance devant moi, que tout s'arrête: le temps et l'obscure inquiétude de ne pas le maîtriser"

Sylvain Tesson - Petit traité sur l'immensité du monde

 

 

 

Depuis ce jour, petit à petit je me suis initiée à l'art du bonheur. 

 

Les gens du monde entier passe son temps à lui courir après, à se construire une vie parfaite, être plus riche, plus beau, avoir une plus belle voiture, une meilleure situation, plus de followers, plus de popularité, plus de plus que son voisin, seulement je vous assure ça n'a rien à voir. Et si on vous dit que l'argent ne fait pas le bonheur ce n'est pas pour rien.

Oui c'est peut-être idiot mais j'ai grandi le jour où j'ai compris le message du film YES MAN

Pourquoi?

 

Déjà on a la même pause sur la photo

Déjà on a la même pause sur la photo

Avez-vous vu la tronche que tire Jim Carrey sur l'affiche du film? Si ça ce n''est pas un homme heureux..

J'ai donc commencé à l'être aussi le jour où j'ai fini par dire "SI" à tout. On ne sait jamais ce qui va nous arriver la vie est remplie de surprises, alors pourquoi ne pas aller dîner avec des inconnus? Pourquoi ne pas faire la fête toute la nuit une veille de travail? Pourquoi ne pas prévoir des vacances une heure avant le départ? 

Le plus important c'est que durant ce voyage j'ai trouvé qui j'étais. Il n'y a rien qui vous donne plus de force que de savoir qui vous êtes réellement.

Comme toute élève de L j'ai pourtant fait de la philosophie mais je n'avais jamais compris la force du "Connais toi toi-même". 

"C’est en se connaissant

en cherchant en lui-même 

que l’homme peut trouver la sagesse"

 

Un jour avant son départ une personne nous a dit , "nous avons vécu un moment merveilleux, c'était fou et intense, et ce n'est pas fini car ce qui est beau avec le bonheur c'est qu'il vivra éternellement dans notre coeur"

 

 

Don't worry be hippie ! Un voyage émouvantDon't worry be hippie ! Un voyage émouvant

J'avais réussi à retrouver ce sourire naturel rempli de bonheur de la petite fille insouciante que j'avais été il y a longtemps. 

Il m'a suffit de m'allonger sur une plage pour comprendre ce que j'étais et ce qui faisait mon bonheur. Des choses tellement simples, alors qu'on passe son temps à se compliquer la vie.

Le bonheur commençait au saut du lit, chaque matin je me réveillais, je mettais à fond une musique joyeuse, une de celles qui vous fait aimer la vie. La musique a un énorme impact. A partir de là rien ne pouvais noircir ma journée. Je marchais nonchalamment mais fièrement dans les rues de Lima, musique à fond, tête haute, souriant, et le regard des gens a radicalement changé sur moi. A mon arrivée je me sentais observée, on se retournait pour me regarder de travers, j'étais une étrangère un extraterrestre qui n'avait pas grand-chose à faire ici, puis tout a changé comme si les gens pouvaient sentir mon bonheur. Les marchands, les gardes, les senoras chichersas, tous les gens que je croisais quotidiennement me souriaient me disaient bonjour me demandaient comment j'allais aujourd'hui et me souhaitaient une bonne journée. 

La vie au Pérou a un gout incomparable. J'ai enfin ouvert les yeux sur ce pays, j'ai enfin entendu la musique qui s'en dégageait, j'ai ressenti les couleurs, les odeurs, l'amour...

 

Don't worry be hippie ! Un voyage émouvant

Pendant ces quelques semaines j'ai comme vécu sur une autre planète, il a fait beau tous les jours et ma patronne était absente. Après le voyage à Oxapampa j'ai petit à petit créé des liens intenses avec les filles qui m'accompagnaient, nous étions presque voisines alors tous les soirs j'allais chez elles. Le premier jour où je me suis pointée dans leur casa feliz, je n'avais pas encore mis les pieds dans la maison que j'avais déjà les mains chargées d'une assiette remplie de nourriture et d'une bière. Je connaissais deux personnes sur cinq, ils ne m'avaient encore jamais vu, nous n'avions jamais échangé quoi que ce soit pas même un bonjour qu'ils m'avaient déjà invité à leur table. Que dire de plus? ...

J'ai vécu en toute insouciance, me laissant porter par le courant de la vie, me retrouvant dans les situations que je n'aurais jamais imaginées. En fait j'avais arrêté de me soucier de ce qu'on pouvait penser de moi, j'étais moi rien de plus. J'avais enfin dit Fuck à ma patronne et ses méthodes moyenâgeuses, mis de côté la rancoeur des chagrins d'amour. 

Rien que le fait de ne plus porter de chaussures me rendait heureuse, dans la rue, dans les magasins, sur la plage, au travail j'étais pieds nus, tellement que mon collègue m'appelais Yannick Noah.

 

Le Pérou m'a appris à faire confiance aux gens, depuis toujours les médias, le quotidien fait qu'on se méfie de tout le monde, et pourtant il existe de vraies personnes naturellement bonnes et gentilles sans arrière-pensées. Ca n'a pas été facilde de faire confiance, au début on se dit "mais qu'est-ce qu'il veut lui, pourquoi il est sympa comme ça" on imagine le pire on se voit déja violée ou gisant dans son sang dans une ruelle... Non je n'exagère pas, depuis toujours on nous apprend à avoir peur, les infos nous remplissent la tête d'images immondes alors que le monde est si beau. Quand on réalise qu'on se trompe sur toute la longueur, que la personne à tout simplement le coeur sur la main c'est franchement la honte à l'intérieur. 

 

Mes amis m'ont appris une chose incroyable que malheureusement je n'ai pas pu ramener ici à cause de nos moeurs : 

l'importance du contact humain

Ce fameux soir où j'ai frappé à la porte de la casa feliz bis, c'est Fran qui m'a ouvert la porte et a rempli mes mains de nourriture et boisson. Fran c'est un Espagnol qui a posé ses valises au Pérou, et quand il m'a vue toute timide dire merci, balbutiant un faible bonjour, les joues roses il m'a pris dans ses bras et m'a étreinte de toutes ses forces.

Puis il m'a dit tant que tu ne sauras pas aimer, que tu ne sauras pas dire bonjour comme il se doit je ne te lâcherais pas. Moi la fille qui etait effrayée à l'idée qu'on entre trop dans son espace vitale j'ai été transformée. 

Chaque fois qu'ils se croisaient même si c'était à une heure d'intervalle ces personnes se disaient bonjour en se faisant un énorme câlin accompagné de "Carino tu m'as manqué" - "mon ami je t'aime".

Pendant les mois qui ont suivi j'ai petit à petit appris à être libre, à prendre le temps de vivre, à aimer et donner de l'amour, et même à dire bonjour.

Quand votre quotidien est rempli d'autant d'amour quoi qu'il arrive vous ne pouvez pas être malheureux. 

 

Au bout de deux mois ma casa feliz a accueillit deux jeunes hommes sont arrivés, nous sommes devenus très amis instantanément on passait notre temps à pleurer de rire, et tous les matins en me réveillant j'avais sur la table une pomme, un jus de fruit ou rien qu'un mot pour me souhaiter une bonne journée, qu'ils rentrent de boite au petit matin ou d'un cours qui finissait tard. 

 

Ce n'est pas grand-chose mais pourtant...

 

 

 

 

L'amérique Latine c'est ça

J'ai mis du temps à partager cette émotion car c'est dur d'avoir le courage de dire qu'on a été incroyablement heureuse loin de sa famille et en pleine période de crise amoureuse. Il faut comprendre que c'est tout à fait dissociable, j'avais le coeur brisé, ma famille me manquait et pourtant j'étais heureuse, c'est ça l'effet pura vida. 

 

 

 

Enfin depuis tout cela je suis rentrée discrétement pour surprendre ma famille lors de l'anniversaire de ma mère. La vidéo est de mauvaise qualité malheureusement mais l'émotion est là

Don't worry be hippie ! Un voyage émouvant

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